• #GEMAB19 : du 26 juillet au 04 août 2019

Mélanie Martignon : piloter, du rêve à la réalité

Mélanie Martignon : piloter, du rêve à la réalité

Mélanie Martignon : piloter, du rêve à la réalité 820 312 Mondial Air Ballons

À l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, nous souhaitons tourner les projecteurs sur la partie la moins représentée des pilotes dans la communauté du ballon : les femmes. Pourquoi, quelles en sont les raisons, quelle est la vision du ballon quand on est une femme, quels sont les freins, ou au contraire, les avantages, … La parole est donnée à Mélanie Martignon, femme pilote que la montgolfière a toujours fait rêver. Un rêve rapidement devenu réalité.

 

 

Mélanie MARTIGNON (© Sophie MAIRE)

Bonjour Mélanie ! Comment t’es venue la passion de la montgolfière ?

Lorsque j’étais petite, j’accompagnais mon papa sur les rassemblements de ballons à Metz, à Louvigny, puis sur la base de Chambley durant l’été pour voir les décollages de masse, tôt les matins et les soirs aussi. Je trouvais déjà cela magnifique et un peu magique ! Lors de l’édition de 1995 de la Biennale Mondiale de l’Aérostation (devenue Mondial Air Ballons puis Grand Est Mondial Air Ballons), nous avons eu l’occasion de rencontrer un couple de pilotes qui nous a emmenés dans les airs. Nous les avons aidés pour tous les vols de l’édition, et nous volions parfois avec monsieur, parfois avec madame. Je pense que c’est cette année-là que le virus a pris…Pour l’édition de 1997, nous avons rejoint en famille l’équipe de Volontaires de la Biennale Mondiale de l’Aérostation. J’avais 14 ans.

Quel âge as-tu, à quel âge es-tu devenue pilote, et qu’est-ce qui t’a décidé à le devenir ? Qu’est-ce que tu préfères en tant que pilote ?

J’ai 35 ans, et j’ai obtenu ma licence de pilote en juin 2014, à 31 ans. Je rêvais de devenir pilote depuis que mon Papa était devenu pilote. Le fait qu’il le devienne a rendu ce rêve possible. J’ai attendu d’avoir terminé mes études et d’avoir trouvé une situation stable pour me lancer. J’ai passé le pas et ai demandé à Philippe Buron Pilâtre s’il acceptait de me former le jour où je me suis rendue compte que je suis physiquement capable d’être pilote.

Je souhaitais devenir pilote pour découvrir la sensation de glisser au-dessus des champs de blés, de frôler les cimes des arbres. Je trouvais cela grisant en tant que passager, cette sensation de flotter, mais en tant que pilote, tenir un palier au ras des céréales, suivre les dénivelés du sol, ne faire qu’un avec la montgolfière…c’est ce qui me plaît, ce que je trouve magique. Une sensation que je ne connais qu’en montgolfière.

As-tu fait face à des situations difficiles dans ton parcours pour devenir pilote ?

Désolée, je ne vois pas. J’ai vécu probablement la même formation que tout élève pilote, avec des périodes de progression et des périodes de stagnation. J’ai eu la chance de commencer ma formation après une quinzaine d’années d’expérience en tant qu’équipier, donc les actions au sol étaient déjà bien acquises. Et j’ai aussi bénéficié du partage d’expériences de la communauté de pilotes que je côtoie depuis que j’ai une douzaine d’années, ce qui est très enrichissant en tant que jeune pilote.

Connais-tu d’autres femmes pilotes ? Comment expliques-tu que les femmes soient si peu nombreuses dans la communauté de pilotes ?

Oui, je connais d’autres femmes pilotes. Certaines sont dans la même association que moi, j’en ai rencontré d’autres lors de rassemblements, ou de compétitions. Je pense que si les femmes sont pour le moment moins nombreuses dans la communauté de pilotes, c’est surtout culturel.

Mais je vous avoue que je ne fais pas très attention au genre de mes interlocuteurs. Je rencontre des passionnés de montgolfières, femmes, hommes, adultes, enfants, pilotes ou non et cette diversité rend les échanges riches et intéressants.

Trouves-tu le milieu du ballon sexiste ?

Non, je ne trouve pas le milieu du ballon plus sexiste que le reste de notre société. Peut-être aussi car je pratique principalement cette passion en famille, donc dans un environnement dans lequel je suis appréciée et respectée indépendamment de mon genre. Mais même lors de rassemblements, je n’ai jamais eu de remarques sexistes, ni vécu de comportements qui pourraient le laisser penser. Au contraire, je ressens une bienveillance et une entraide dans la communauté d’aérostiers.

On a tendance à se représenter le ballon comme un sport d’homme, comme on en voit en majorité piloter ces engins. Pourquoi selon toi ?

J’ai pendant longtemps, moi aussi, pensé que c’était un sport d’homme, qui nécessitait beaucoup de force physique. Une force physique que je ne pensais pas avoir. Je restais donc fidèle équipière, je participais au montage du ballon : porter la nacelle, l’enveloppe, le ventilateur, les bouteilles de gaz…et au repli du ballon à l’atterrissage : la même chose dans l’autre sens, pour remettre l’ensemble dans la remorque. Et un jour je me suis rendue compte que le pilote ne porte pas plus que les équipiers…je faisais déjà le plus dur physiquement, depuis mes 15 ans. Bien-sûr, le matériel est lourd à porter, mais la montgolfière se pratique en équipe.

Les points sur lesquels je ne me sens pas très à l’aise, et je ne suis pas très bonne, ce sont les aspects mécaniques : réparer le brûleur, refaire l’électricité de la remorque… Mais c’est une question d’attrait, je n’aime pas non plus cuisiner, et ce n’est pas lié au fait que je sois une femme. Ce ne sont pas des éléments qui font partie de mes centres d’intérêt, c’est tout. Par contre, je suis très soucieuse du bien-être de mes passagers. Mais j’étais aussi soucieuse du ressenti des passagers lorsque j’étais équipière, mon plaisir était de les voir descendre de la nacelle, les yeux pleins d’étoiles. Cela fait donc partie de moi, c’est une question de personnalité, pas de genre ou de licence de pilote. Je pense que l’on est l’homme ou la femme pilote que nous sommes aussi dans la vie de tous les jours.

Donc je ne pense pas que les hommes soient plus qualifiés que les femmes pour être pilotes, ni l’inverse d’ailleurs. Je crois à une aptitude individuelle indépendante du genre, mais guidée pas nos expériences et notre façon d’être.

Qu’aimerais-tu dire aux femmes qui en rêvent mais qui ne franchissent pas le pas ?

Je leur dirais bien : « Qui ne tente rien n’a rien ». Ce n’est pas inaccessible, il faut oser.

Un dernier mot pour la route ou devrait-on dire pour le vol ? 🙂

Je souhaite à toute personne intéressée par l’expérience de pouvoir un jour découvrir le plaisir et la sérénité qu’apporte un vol en montgolfière.

 

© couverture : A. EVEN

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